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No-259 du côté de Sre Ambel en attendant la canne à sucre ... (2007)

Sre Ambel sur l’estuaire de la rivière du même nom est, au fond de la baie de Kompong Saom une agglomération peu visitée parce qu’un peu à l’écart de la route 48 qui va vers Koh Kong. Elle présente pourtant, avec ses environs, un intérêt touristique et économique certains. Touristique: sur la rive Est, dans l’enceinte d’une récente pagode, on découvre sur ce qui fut une très vaste esplanade dominant de haut la rivière, douze constructions de l’époque angkorienne en gros moellons rouge-noirs. Plutôt dédiées aux tévodas, dit la gardienne, que sanctuaires bouddhiques. Le site en tous cas, bien entretenu, est e st magnifique.

On voit là aussi un surprenant escalier d’honneur bordé de militaires en ciment, protégeant le passage et l’embarquement d’un grand chef aujourd’hui disparu.

Economique: de cette même esplanade, on peut voir, sur la rive opposée, des surfaces en cours de défrichement où seront plantés des hectares de canne à sucre.

C’est sur cette rive ouest, juste à côté du nouveau pont de Sre Ambel (le pont lui-même est terminé, il manque encore, fin novembre, la finition des rampes d’accès) que l’okhna Ly Yong Phat construit un nouveau port. Il servira à embarquer les produits de la future raffinerie de sucre en construction plus loin sur la nationale 48.

Ce nouveau port s’ajoute à celui déjà existant de Sre Ambel, -qui importe du ciment venant de Thaïlande-, et à celui de l’okhna Mong Reththy plus au sud sur la baie de Kompong Saom. Ainsi la côte du Cambodge s’anime, et ce n’est sans doute qu’un commencement puisqu’il est prévu d’aménager pour le tourisme la côte entre Sre Ambel et Koh Kong, là où il y a des plages -en protégeant la mangrove, assurent les aménageurs-.

Ces «stations» littorales pourront être accessibles à partir l’excellente route 48 par des voies qui restent à construire.

Déjà cette route attire beaucoup de nouveaux habitants. Elle en attirera bien davantage lorsque les plantations de canne à sucre de Ly Yong Phat, s’ajoutant à celles de Mong Rehthy qui plante déjà de la canne sur des milliers d’hectares et construit lui aussi, avec un peu d’avance, sa raffinerie, utiliseront des travailleurs par dizaines de milliers. Non loin de la route, à Chi Ka Leu, la future raffinerie, qui produira aussi de l’éthanol, est en construction, vaste surface en remblai qui demande une navette continue de camions chargés de terre. La canne à sucre, on la voit peu, mais elle existe déjà.

Elle est destinée à couvrir d’énormes surfaces, des deux côtés de la nationale 48, surtout du côté Nord. Il y a là, sur une distance Est-Ouest d’environ 25 km jusqu’à la rivière Phiphot (ou plutôt Chi Phat selon les riverains, au ferry de Botum Sakor), de très vastes surfaces boisées, sableuses, inhabitées, destinées en grande partie aux plantations de canne à sucre.

On peut se rendre compte de l’étendue du projet, des défrichements en cours, en prenant près du bac de Botum Sakor une piste qui, vers le nord, rejoint le hameau de Chi Phat, sur la rivière; trajet d’environ 15 km, très sableux, assez éprouvant, dont la partie nord est réservée aux motos. La piste, coupée par un gué, traverse aussi la forêt dense. La dernière partie est un étroit sentier dans les hautes herbes.

Chea Phat, atteignable aussi en pirogue à partir du ferry de Botum Sakor en 3 heures environ, est connu des bikers. Certains y bivouaquent, et de là gagnent vers le Nord dans les Cardamomes, par des itinéraires difficiles, Thma Bang (7 heures …), ou encore, vers le Nord-Est, à la saison sèche – réservé aux indestructibles- Kamlaut (environ 3 heures), et de là la route qui rejoint Kompong Speu.

On peut signaler non loin de Chea Phat des cascades, l’une baignade dans un joli site (kbal chay romea), l’autre belle cascade–chute d’eau (kbal chay touren).