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| No-282 LIVRES-Phnom Penh Croissance et transformation par 15 auteurs (2009) |
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Ce livre grand format, de plus de 150 pages, en français eten khmer, très illustré de photos et de cartes, est le résultatd’une longue coopération entre la Mairie de Paris et la Municipalité de Phnom Penh. On peut dire que sont rassemblées là toutes les informations que le public, et que les professionnels peuvent souhaiter concernant Phnom Penh, la situationexistante, et les projets. On retrouve là des auteurs qui au fil des années se sont ex-primés dans Cambodge Nouveau: Christiane Blancot, Eric Huybrechts, Guillaume Stetten, Ly Chin Torng, Frédéric Mauret … liste non exhaustive. Et des thèmes classiques comme,en premier lieu, la nécessité de mettre au point et d’adopterun schéma directeur à long terme -le dernier, dû au cabinetChauchon datant de 1950. Il faut une vision à long terme,une stratégie générale, et des stratégies particulières pardomaines et par quartiers, voilà la base. Une urbanisation massive et diffuse Christiane Blancot rappelle que les grands projets privés, ambitieux, datent de 2003, portés par des banques étrangè-res et par la Canadia bank cambodgienne. Si spectaculairesqu’ils soient, ces projets, tours, villes nouvelles comme Camko City, villas de luxe, maisons en bande pour revenus moyens, appartements en condominiums, immeubles de bureaux modernes … «l’essentiel de l’urbanisation n’est paslà, elle est dans la multiplication d’opérations immobilières plus petites ». Les séries de compartiments chinois, de villasou de maisons de ville accolés se multiplient ... Il est urgentqu’un schéma directeur à long terme évite l’anarchie, et pourcommencer l’inondation générale. Un schéma directeur à long terme Vision à long terme: les grands choix sont exposés par Fré-déric Mauret. Par exemple: «abaisser la pression foncière sur les quartiers anciens et orienter les grands projets urbainssur de nouveaux sites qui seront les centres urbains de de-main»: Anlong Knang, Takmau, Samraong, Chba Ampeu,Boeung Cheng Ek ... Préserver le rapport de la ville et del’eau «cet éco-système unique au monde», développer l’image de «Phom Penh cité hydraulique» avec ses grands lacs urbains, Boeung Kak, Boeung Peung Pey, … Or «chaque jour qui passe rend plus difficile et plus coûteuse lamise en œuvre d’un projet global». Il faut, estime notamment F. Mauret, que la Municipalité ait plus de pouvoirs. «La mise à jour des règlements, la maîtrise du cadastre et l’élaborationde plans de développement par quartiers doivent être unepriorité ». Créer des transports en commun La nécessité de créer des transports en commun est recon-nue par tous. Mais de quel type ? Bus ? Tram ? Métro aé-rien ? Diverses solutions sont envisagées, y compris desferries qui longeraient le Bassac et le Tonle Sap (comme àBangkok) -avec des points d’accostage qui restent à créer. Plutôt que des trains aériens, comme à Bangkok, l’auteurestime que dans des voies de 30 ou 40 m de large, dans lecentre, les nuisances seraient trop importantes pour les habitants; mieux vaut des lignes de tramways au niveau du sol,avec feux tricolores à chaque carrefour pour leur assurer lapriorité. Mais pour les voies de 50 à 60 m de large –certainesseront élargies, d’autres sont à créer-, dans les quartierspériphériques, on peut envisager des trains aériens, et de nouveaux «pôles d’échange entre les métros, les trams, les bus urbains et autocars régionaux». Il faut prévoir dès main-tenant les réserves foncières pour les dépôts et terminus delignes, dit l’auteur avec bon sens. Attention à la commodité de l’accès à ces moyens de transport, à celle des changements de véhicules, à la tarification, décembre 2009 et à la gestion du système … C’est la Jica qui poursuit les études. On n’a pas encore de dates de réalisation. Faciliter la circulation D’autres mesures plus simples, moinscoûteuses, pourraient passer plus rapidement dans les faits, comme le règlemen-tation du stationnement, la création de parkings, payants ou non, de façon àdégager les rues et les trottoirs … On en est toujours aux études, mais il est prévu une première expérience de stationnement payant bd. Monivong en2010. Un détail au sujet de la circulation: les feux rouges provien-nent de 7 pays différents, de sorte que leur synchronisationn’est pas simple, ou impossible. S’agissant toujours de circulation et de transports, un projetdéjà ancien consiste à déplacer les gares routières en périphérie pour désengorger le centre. Il devrait y avoir un débutde réalisation en 2010. Jardins et espaces verts Deux chapitres leur sont consacrés. Il est juste de reconnaître que d’immenses progrès ont été réalisés depuis une quinzaine d’années: jardins qui longent le Tonle Sap, abords duVat Phnom, esplanade du bd. Sihanouk, jardin qui fait faceau Palais royal, vaste esplanade engazonnée du Tonle Sapau bd Monivong, plantations d’alignement, entretien ... Les Phnom Penhois ont pris l’habitude de fréquenter de plus enplus, le soir, ces jardins publics. On observe cependant que ces jardins trop ouverts au soleilne sont pas fréquentés dans la journée: il faut les planterd’arbres, estiment les spécialistes, pour qu’ils conserventl’humidité et la fraîcheur, comme autour du Vat Phnom. De même qu’il faut renforcer les plantations d’alignement, diversifier les essences, et conseiller aux propriétaires de ne pasbétonner leurs jardins, et d’y planter arbres et fleurs. On modifie les méthodes d’arrosage, on cherche à diversifierles espèces d’arbres et de fleurs, et des expériences d’aménagements nouveaux sont conduits avec la Mairie de Paris: on a créé et on va créer des jardins pilotes par exemple bd.de Russie, et le plus important en face de l’Ambassade deFrance. L’eau D’importants chapitres sont naturellement consacrés à l’eau: inondations, drainage, digues, canaux, adduction d’eau potable, évacuation des eaux usées, … c’est là depuis l’originede la ville le problème majeur de Phnom Penh. C’est l’occasion de rappeler que la Mairie de Paris a contribué à hauteur de 150 000 euros au programme de la Régiedes Eaux de Phnom Penh «de l’eau potable pour les pauvres» qui a connecté environ 3 000 familles au réseau. La zone Nord Des chapitres particulièrement fouillés sont consacrés à lazone nord de la ville, où il s’agit de «gérer les pluies de la mousson et les crues du Mékong»: ce chapitre propose unpsystème de drainage pour le district de Russey Keo. C’est un quartier aussi où l’on peut déjà prévoir d’énormesembouteillages si l’on ne fait rien: «en 2015, il y aura là 9000 voitures et 15 000 motos supplémentaires aux heures depointe, soit environ 14 files de circulation de plus pour sortirde la zone nord». Il est clair qu’il faut construire des voiesnouvelles, et ce chapitre en propose tout un réseau. De la lecture de cet ouvrage, préfacé par des décideurs, Bertrand Delanoë pour la Mairie de Paris et Kep Chuktema, gouverneur de Phnom Penh, on peut tirer un certain opti-misme. Oui il y a des gens conscients, compétents, qui sepréoccupent de l’avenir de Phnom Penh, qui y travaillent ! Phnom Penh, Croissance et transformation, 15 auteurs, 156 p., cartes, photos, graphiques, Mairie de Paris, Municipalité de Phnom Penh, Atelier Parisien d’Urbanisme, avec le soutien du Ministère des Affaires étrangères, 2009. |



